Dans la province d’Errachidia, à l’est du Maroc, 320 Gazelles partent à l’assaut de l’étape Afriquia, la première du 35ème Rallye Aïcha des Gazelles.
Il y a les anciennes, 105 au total cette année. Celles qui connaissent le terrain et n’ont qu’une hâte, retrouver les pistes. Et puis il y a les autres, les 215 nouvelles Gazelles qui découvrent pour la première fois les terres du Maroc. Excitées, angoissées, impatientes… et souvent tout à la fois. Au coup de drapeau donné par Mustapha Belkhir, chef de département gestion de site chez Afriquia qui offre aux équipages un sac et une gourde, les véhicules s’élancent sous le brouhaha des klaxons. Aurélie, de la team 122 , sent les larmes monter, « mais ce sont des larmes qu’on aime ! »
Premiers tankages
A quelques kilomètres au sud du bivouac, des dunettes apparaissent. « Il faut trouver l’équilibre entre rester concentrées, ne pas partir trop confiantes… mais se faire confiance aussi ! » résume Magali, la binôme de l’équipage 233 . Sous le soleil rasant du matin, les Gazelles mesurent les premiers obstacles à franchir. Anne-Laure, l’informaticienne de la team 116 , avoue ne pas être très rassurée : « J’ai peur que la voiture bascule en grimpant une dune, ça n’est pas la partie la plus agréable pour moi… » Chez l’équipage 164 , Nathalie, primo-participante, étudie sa carte avec concentration. « J’essaye d’être rigoureuse. Pour l’instant ça va, il faudra me redemander à la fin de la journée ! »
Près du premier CP, les voitures croisent des troupeaux de dromadaires. Ensablé au pied d’un champ de cultures, l’équipage 210 pellette pour la première fois de la matinée. « J’ai complètement mal évalué le chemin : je pensais que la voiture passerait mais c’était trop pointu, on s’est tankées… », analyse après coup Laurie, la navigatrice. Aurélie, sa pilote, prend l’incident avec philosophie : « la règle, c’est de toujours garder sa bonne humeur ! » De loin, les Gazelles peuvent apercevoir les dunes de Merzouga, autrement plus grandes et qu’elles affronteront demain.
Une question de timing
Passé les monticules de sable, les voitures tracent sur une longue plaine grise et caillouteuse ponctuée ici et là de creux et de petites bosses. Sur le plateau sans relief, les hésitations apparaissent. Dans le 4×4 de la team 120 , Anaïs et Sandra, consœurs commissaires de justice, tentent de trouver leur route, avec l’impression pour la première de perdre du temps, parfois, entre les étapes. « On est un peu lentes sur les transitions. On pourrait aller plus vite quand la route est plate, mais on a peur de casser la voiture. » Pour les cheffes de cabine de la Royal Air Maroc de la team 209 , Salwa et Asma, pas question de se précipiter, surtout quand les repères viennent à manquer. « Dans ces cas-là, il faut viser loin, prendre par exemple l’extrémité de la montagne tout au fond. Le plus difficile est d’être précises. »
Vivre dans 2 mètres cube
« Est ce que vous êtes le CP 3D ? Oui ?! Oh le soulagement, je connais les moindres cailloux de ce recoin à force de tourner ! » Elles sont nombreuses au pointage des balises à laisser aller leur joie. Surtout quand elles arrivent d’une situation ardue, après plusieurs heures de conduite. « On vient de descendre une pente avec un dévers bien raide, on était pas sereines !», s’exclame la team 220 après un franchissement un peu technique. Dans le désert, les conditions peuvent être compliquées. Commissaire sur cette 35ème édition et bénévole depuis vingt-trois ans, Serge en sait quelque chose. « Ce qu’elles vivent est une expérience difficile. Sur le terrain mais aussi entre elles. Pendant neuf jours les binômes partagent une tente et deux / trois mètres cube de voiture sans pouvoir s’isoler. Ça peut être complexe la proximité. » Pour éviter les tensions, l’équipage 222 mise sur la confiance et le respect. « On affronte les choses ensemble. Si l’une n’est pas bien, l’autre est là pour l’encourager. Il faut aussi accepter de se tromper », concède Laura, la suissesse du duo. Julie, responsable grands comptes et sa belle-mère retraitée de la team 193 ont trouvé leur technique pour aller jusqu’au bout de la journée. « On sort de la voiture, on monte sur le toit, on respire. »
En fin d’après-midi, plusieurs véhicules atteignent le CP 7, qui marque la fin du parcours. Les deux occitanes de l’équipage 174 , déjà un et deux Rallye Aïcha des Gazelles chacune, valident la balise avec le sourire : « on n’a peut-être pas roulé tout droit mais on a tout tapé.» Sur le bivouac, l’équipe 159 termine en demi-teinte, avec trois balises enregistrées et « beaucoup de kilomètres en trop pour aller chercher les 4 et 5, que l’on a jamais trouvées. » Une douche, un repas et une bonne nuit arrangeront peut être les choses pour demain !







































