Sur l’étape Dacia, deuxième étape du Rallye Aïcha des Gazelles, les participantes ont affronté les dunes de l’Erg Chebbi. Et pour cette édition anniversaire, un tiers d’entre elles ont choisi de s’engager dans les X, le parcours le plus difficile.
C’est un classique du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. Dans l’Erg Chebbi, les dunes de Merzouga déploient leurs kilomètres de sable, géantes imprévisible qui changent au gré des vents. De quoi se sentir petite, comme Nathalie de la team 234 . « On est dingues ! Mais c’est pour l’aventure, on ne le vit pas cinquante fois ! » Après le départ donné par Zineb Arouss, responsable communication Dacia, Abdelhamid Lotfi, directeur marketing Dacia et la distribution Kinder de Ferrero, les Gazelles dégonflent leurs roues avant de se lancer dans l’un des trois parcours, X, Y et Z.
L’an dernier, l’équipage 128 avait opté pour le tracé Y. Cette fois, les jurassiennes comptent se frotter au plus difficile, le X. En tout, une cinquantaine de véhicules se partagent ce parcours exigeant. « On stresse, évidemment, mais on a hâte. L’idée est de pousser le plus loin possible et de s’éclater avec les copines. » Si les binômes ont interdiction de se suivre le reste du temps, les épreuves des dunes sont les seules où elles peuvent naviguer à plusieurs, pour pouvoir s’entraider en cas de problème.
Jouer avec le sable
Entre deux creux, quatre Gazelles s’affairent justement au pied d’un 4×4. La team 175 vient de déjanter. « Le fait de dégonfler et de beaucoup braquer les roues, les pneus s’écrasent et peuvent sortir. Ce sont des choses qui arrivent », explique Sonia de l’équipage 173 , à la manœuvre avec sa coéquipière pour aider un duo en galère. « La solidarité, c’est ça aussi cette course ! » Plus elles s’enfoncent au cœur de l’Erg, plus les dunes sont marquées, impressionnantes. Exactement ce qu’est venue chercher la suissesse Véronique de la team 22 , au volant de son buggy : « On se régale. Pour moi le rallye pourrait n’être fait que de dunes ! » Ce qu’elle aime ? « C’est comme si tu surfais sur des vagues de sable. Tu montes, tu descends, tu ne sais pas ce que tu vas trouver derrière la prochaine bosse… On joue avec le véhicule, on fait corps avec lui.»
De son véhicule, Brigitte, pilote média sur la course, observe les stratégies des équipages. « Le plus difficile est de bien analyser le terrain, d’avoir une lecture précise du sol. Savoir si le sable est trop mou, si la crête par où l’on veut passer va tenir ou si le vent peut la fragiliser… » L’ancienne Gazelle aux huit Rallye des Gazelles a ses astuces : « voir des dromadaires marcher sur une dune c’est bon signe, cela veut dire que le terrain est praticable ! »
Gérer la fatigue
Si certaines avancent avec prudence, d’autres roulent sans perdre de temps. « Tout va bien ! », lâchent en passant les concurrentes de l’équipage 193 . Derrière, la team 104 trace aussi, « Il y a quand même huit balises à pointer ! » En ce milieu de journée, le soleil qui monte joue contre les Gazelles. « Plus la journée passe et plus le sable qui se réchauffe devient mou, moins praticable », détaille Pauline, l’infirmière de l’équipage 137 . La team 104 en fait l’expérience. Aidées par plusieurs Gazelles et après de nombreux coups de pelle, les filles tentent de pousser leur véhicule ensablé. La sortie vaudra bien son petit juron, « putain, c’est bon quand ça se termine quand même … »
Au CP 3, une odeur de gazole monte du 4×4 de l’équipage 100 . La boite d’embrayage coince, avec le risque de ne plus pouvoir jouer sur les vitesses pour franchir les dunes. « On va peut être devoir appeler la mécanique pour une assistance, je suis dépitée… », souffle Katia, la navigatrice. Dans le désert, l’erreur peut se payer au prix fort. Aux problèmes techniques s’ajoute la fatigue de ces longues journées. Ici, pas un arbre pour grappiller un peu d’ombre. Les repas se font à couvert du coffre des véhicules. « On grignote plus que l’on ne mange. Par contre on boit beaucoup. On le sent vite quand on oublie », reconnaît Nathalie, de la team 154 .
Se sortir des tankages pour mieux repartir
Postées en haut d’un sommet, Céline, directrice générale et Sophie, formatrice en entreprise, cherchent leur prochaine balise sur le parcours Y. « Trouver son cap au milieu des dunes, quand tout se ressemble, c’est chaud. On ne regrette pas notre choix de naviguer en Y, on ne voulait pas se cramer dès le deuxième jour de la compétition », avoue la navigatrice de la team 165 .
Plus le soleil tape, plus caper devient éprouvant. Les contours se mélangent, les repèrent se brouillent. Au pied du CP 5, les Gazelles d’Île-de-France de l’équipage 175 retrouvent un peu d’adrénaline après une matinée chargée. « On s’est tankées deux fois, une plutôt mignonne et l’autre vraiment sévère, avec plus aucune des roues qui ne bougeait… la balise est la bienvenue ! » Pour souffler, l’équipage marocain 208 , Gizlaine et Narjisse, savoure le privilège de concourir chez elles. « Les paysages sont magnifiques, les sensations au volants incroyables. On se sent chanceuses. »
Décapage made in Maroc
Au pied de l’Erg Chebbi, quelques voitures sont arrêtées. La balise 8 marque la fin de l’épreuve pour les Gazelles. « On croustille de sable, on en a partout, c’est un vrai décapage », jurent Anne et Anaïs de la team 215 , deux amies inscrites dans le même club de 4×4. Le vent n’a pas aidé, qui s’est immiscé partout dans les habitacles et jusque dans les corps toute la journée. On a profité mais là, on a envie de rentrer et de retrouver la douche ! » Dans le 4×4 d’à côté, les corses de l’équipage 110 se félicitent. Primo-participantes, les deux sœurs ont validé tous leurs CP – avec un petit effet en plus pour Sandrine : « Je me sens comme en bateau, avec le mal de mer. Je sais que ce soir, ça va tanguer sous la tente… »
Les dunes dans le dos, la team 139 s’offre un goûter avant le retour au bivouac. « On a gravi des murs aujourd’hui ! On ne sait pas si on a pris les meilleurs chemins mais on l’a fait. On a vécu des grands moments avec les copines, à se suivre et s’entraider. » Les deux amies de Normandie confessent un petit plaisir, pas si courant lorsqu’on est une femme : faire pipi au grand air, « dans des endroits magnifiques. » Le Rallye et ses inattendus !






































