RÉSUMÉ D'ÉTAPE

Jour 6 : attention au point de rupture

Étape 5 OULAD DRISS  

Après plusieurs journées intenses, la fatigue se fait sentir pour les Gazelles comme pour les véhicules. Attention à la casse : sans voiture fini le rallye, tout le monde descend !

Le soleil a déserté le Rallye Aïcha des Gazelles. Après le départ de cette sixième journée lancé par Fidji Zenouda, Team Leader Trade marketing & communication France et Benelux Bosch et la distribution des Kinder de Ferrero, les Gazelles donnent leurs premiers coup d’accélérateur pour passer l’erg, à quelques kilomètres du bivouac. Plusieurs équipages choisissent de contourner les dunes, comme les deux amies de la team 194 . « On se dit que cette journée, on la joue plus cool, on aimerait se préserver un peu. »

De l’une des buttes s’échappe un « putain, c’est dur ! », comme un cri du cœur ! Un problème de trajectoire pour les deux employées suisses de la team 101 : « La voiture ne passe pas, c’est une vraie galère. On est obligées de chercher d’autres passages. Ça devient compliqué pour caper : toutes les dunes se ressemblent… » Les filles n’échapperont pourtant pas aux secondes dunes, cachées juste derrière, en plein dans le cap.

Pourquoi revenir

Sous un ciel gris perle de nuages, les coéquipières de l’équipage 26 calculent leur trajectoire. Malgré son expérience – c’est sa treizième édition – Céline explique vivre chaque fois une nouvelle aventure. « L’an dernier j’étais en 4×4, cette année c’est un SSV. Je pars avec une nouvelle copilote. La zone où l’on roule ce matin, je ne la connais pas…. Chaque course est à reconstruire . Mon physique n’est plus le même, mais j’ai l’expérience. Le jour où j’aurai l’impression de ne plus rien apprendre, je m’arrêterai. » Pour ce 35ème anniversaire, elles sont nombreuses à revenir. 105 anciennes Gazelles – dites Gazelles inspirantes – comme Fikria de la team 185 . Pour cette mère de deux enfants, la course est une épreuve : « C’est comme un accouchement : on se dit plus jamais et puis on recommence. On ne garde que les bons souvenirs et on oublie le reste. »

Gérer la fatigue, jour après jour

Coincée sur le haut d’une dunette, Anaëlle sort les plaques après un tankage. Est ce l’heure matinale ou la fatigue qui commence à se faire sentir ? « On en voit passer pas loin mais bizarrement, elles ne nous voient pas… », constate la chargée de recouvrement de la team 190 , un peu amère. « Nous on s’arrête toujours quand les autres sont en galère. On sent que tout le monde commence à être un peu k-o, ça fait moins d’efforts pour aider. » Le long du parcours, les voitures jardinent – elles tournent en rond, s’éparpillent. Le sable est mou, piégeux, les crêtes cassantes… Nombre de binômes s’ensablent. Après six jours de course, le physique se relâche et les corps le font savoir.

Marc, kinésithérapeute présent sur l’évènement depuis plusieurs années, constate une différence entre l’idée que les primo-participantes se font du Rallye des Gazelles et leur ressenti un fois sur le terrain. « Certaines ne sont pas assez préparées physiquement. Les casques tirent sur les cervicales, les épaules des conductrices sont très sollicitées… Pour éviter les douleurs, mon conseil est de faire du renforcement musculaire avant le départ, notamment toute la zone du dos. »

La voiture, troisième Gazelle de l’équipage

Au CP 5, pause pic nic pour l’équipage 107 . Un répit bien mérité pour les filles comme pour le 4×4 – « un modèle ancien qui ne paye pas de mine mais qui passe partout. » Carole et Coralie roulent « dans le respect de la voiture », pas faite pour les poussées de vitesse : « il faut qu’elle tienne. Sans elle, nous ne serions pas là ! » Même état d’esprit chez l’équipage 178 . « Notre auto, on lui parle tous les matins ! » Parmi les filles, quelques équipages ont dû abandonner en cours de route, la faute à des soucis mécaniques irréparables. « C’est arrivé à deux Gazelles avec qui nous avons sympathisé pendant la traversée aller en bateau. C’était tellement dur de les voir arrêter, quand on a mis tant de temps à préparer cette aventure… »

Les 166 aussi jouent la sécurité, après une matinée à enchaîner les détours. Près de Mhamid, leur prochain CP est situé dans l’oued Drâa, le plus long fleuve du Maroc – une zone aride et souvent à sec. Avec les pluies tombées juste avant ce 35ème Rallye Aïcha des Gazelles, les filles préfèrent l’éviter, quitte à faire des kilomètres et prendre des pénalités. « S’il y a de l’eau, si c’est compliqué, on ne se sent pas de se sortir d’une quelconque difficulté aujourd’hui. On est trop crevées. Le retour de la marathon hier a été épique, on a roulé de nuit et très peu dormi. Ce soir on veut juste rentrer tôt, avant d’arriver à notre point de rupture.» Un classique de cette deuxième partie de course selon Gilles, au classement. Les bénévoles ont enregistré quelques arrivées précoces avant le retour du gros de la troupe, à partir de 17h30. « On sent que les concurrentes gèrent la suite, les deux jours de marathon qui les attendent. Il fait aussi plus chaud. Certaines sont dans leur course et oublient de boire… » Demain, un ultime effort les attend : la deuxième étape marathon et ses 230 kilomètres.

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