Bénévoles, ceux qui viennent puis qui reviennent. Et reviennent. Et reviennent …
Sur le rallye, plus de 178 bénévoles sont présents aux côtés des Gazelles pour assurer l’organisation de l’évènement. Et qui, une fois l’édition terminée, ne demandent qu’une chose : les dates de la prochaine.
Chaque année au printemps, elle quitte son Canada pour traverser l’Atlantique, retrouver la chaleur du Maroc. Gagnante avec sa coéquipière de l’édition 2002, cinq fois Gazelle et bénévole depuis 2006, Louise fait partie des figures qui font le Rallye Aïcha des Gazelles. « Le Maroc c’est ma terre d’adoption. A Montréal, il faisait moins dix quand je suis partie. Je suis loin de chez moi, pourtant je me sens chez moi. Les dunes m’apaisent. » Ceinture noire de Judo, cette directrice technique pour la télévision canadienne est commissaire chargée d’appliquer le règlement de la course, elle qui aime « quand les choses vont rondement et que les consignes sont respectées. » Revenir ? Une évidence : « Ici, je décroche de mon travail, même si on bosse beaucoup sur le terrain. On dit gazelles toujours, c’est vrai. L’expérience nous transforme. »
Esprit de groupe
Comme Louise, beaucoup trouvent dans le désert une famille avec ses affinités, ses coups de gueule, ses célébrations. Sans eux pas d’évènement : pour faire vivre la course, les bénévoles sont indispensables.« Chaque fois, le plaisir de se revoir est le même – assure Dominique, au classement des équipages depuis neuf ans. « Ce que j’aime dans ce poste, c’est le contact : dès leur réveil, les candidates viennent vérifier leur position, leur place sur le podium. On les voit au départ, on les soutient quand elles ratent une étape… Des fois c’est des pleurs ! » confie ce retraité, ex chimiste en centrale nucléaire. Il faut alors rassurer, consoler, tout en gardant la distance nécessaire. Ancien chauffeur de personnalités, Michel aussi prend son rôle à cœur pour la septième fois. Longtemps bénévole à l’assistance mécanique, il est depuis deux ans pilote médical – il transporte sur le terrain les médecins, les infirmiers ou les kinés. « A chaque poste, je demande à voir le matériel que je transporte : je ne suis pas mécanicien ni médecin mais en cas d’urgence, je veux pouvoir aider. »
Cet esprit de groupe, les nouveaux le cultivent aussi. Pilote média – il transporte photographes et vidéastes au plus près des Gazelles – Martin est arrivé l’an dernier et se dit toujours impressionné par « le mouvement lié à la course : le nombre de personnes à déplacer, le volume humain mais aussi toute l’organisation que ça représente en amont. » Passionné de 4×4, lui qui voulait voir de près l’intérieur d’une course automobile se sent chanceux : « j’aime la voiture, l’humain, les rencontres… ce sont les meilleures années de ma vie ! » Côté mécanique, Jean-Luc vit son premier Rallye des Gazelles, avec quarante-cinq ans d’expérience dans le milieu 4×4. Cet ancien policier, mécanicien de formation, a l’habitude de travailler avec des team professionnelles : « On peut avoir huit voitures, huit pilotes et autant de personnalités à gérer, sur des courses qui leur permettent de gagner leur vie. Là, je trouve ça beaucoup plus convivial, plus familial. Il y a de l’entraide. »
D’une année sur l’autre, transmettre son savoir
A Nantes, Clervie a entendu parler du Rallye Aïcha des Gazelles par un collègue, Julien, responsable médical bénévole depuis plusieurs années. « Je suis médecin urgentiste. En ville, tout est rapide. Ici, il faut gérer avec les contraintes de déplacement, de sable, la chaleur … il faut s’adapter et c’est ça qui est intéressant ! Les pathologies sont les mêmes que celles que je peux rencontrer au quotidien, mais l’organisation est complètement différente. » Pour s’y retrouver dans cette grande famille – 320 Gazelles pour l’édition 2026 et 178 encadrants – organisateurs, bénévoles français et marocains – les nouveaux sont guidés par les anciens. « On essaye de leur transmettre l’expérience acquise toutes nos années », raconte Jean-Luc, responsable du classement. A presque 73 ans, ce natif de Brest et ancien ingénieur entame cette année son 11 ème rallye. Et même s’il garde bon pied bon œil, il avoue avec malice être heureux de pouvoir ici « continuer à côtoyer des plus jeunes: ça permet de garder le cerveau plus vif ! »



























