FOCUS

Gazelles aux quatre coins du monde

RALLYE AÏCHA DES GAZELLES 2026  

Tous les ans, le rallye attire des équipages venus de loin pour se frotter au désert. Pour cette édition anniversaire, huit nationalités sont représentées.

« Nous sommes la seule équipe 100% belge de la course et en plus, nous sommes jumelles ! » Catherine et Françoise, les bruxelloises de la team 184 , ne sont pas peu fières de porter jusqu’au Maroc les couleurs de leur drapeau. Et dans l’aventure, c’est Françoise qui a embarqué sa sœur. « J’adore la nature, la découverte, le challenge… La solidarité du Rallye Aïcha des Gazelles nous parle aussi beaucoup. Nous avons emmené avec nous du matériel médical et scolaire pour donner aux populations. » La Belgique, la Suisse ou l’Italie comptent chaque année plusieurs équipages. Tout comme le Maroc. Les Gazelles de la team 199 habitent à Essaouira. Si Yasmine, pharmacienne, est marocaine, son amie Marjorie s’est installée avec sa famille dans le Royaume il y a cinq ans comme consultante. Pour la française, la course est une façon de découvrir toujours plus en profondeur la culture de son pays d’accueil. « Préparer la course prend du temps, c’est l’occasion de voir d’autres façon de faire et de penser. » Yasmine , qui entame son troisième rallye, voit cette course comme un pont entre leurs deux pays. « Nos points communs dépassent nos nationalités. Nous sommes d’abord des femmes. »

S’organiser à distance

D’autres n’ont pas la chance d’habiter au même endroit. De la Bretagne pour Aurélie à la Guadeloupe pour Lætitia, les cousines par alliance de la team 122 – leurs conjoints sont cousins – ont composé avec la distance pour se préparer : « on vérifie bien l’heure avant d’appeler pour ne pas réveiller l’autre en pleine nuit ! » Leur force : avoir grandi chacune dans un garage, avec des pères mécaniciens, tous deux adeptes des rallyes. « On a profité de leur expérience. Même si pour le véhicule, on a préféré le louer au Maroc pour se simplifier la tâche. De Guadeloupe, le voyage est déjà long, on ne voulait pas se rajouter la charge de descendre la voiture. »

Même organisation pour Zineb et Asma, de la team 123 . Les deux sœurs habitent des deux côtés de l’Atlantique, l’une au Maroc, l’autre au Canada depuis une vingtaine d’années. « Préparer le Rallye des Gazelles c’est comme monter une start-up. Il faut s’occuper de la logistique, de la compta, chercher des sponsors… On ne s’est jamais autant parlées que sur cette dernière année de préparation ! Représenter notre pays d’origine, nous qui suivions enfants le Rallye Aïcha des Gazelles à la télévision, ça nous tenait à cœur.» Surtout, les quarantenaires ont découvert qu’elles n’avaient plus tout à fait les mêmes façon de faire, comme le raconte Asma « Au Canada, nous avons la culture de l’e-mail. Au Maroc, tout se fait par message téléphonique. Les rapports à la distance sont différents. Ici, faire trois ou quatre heures de route pour partir en week-end, c’est normal. Pour ma sœur, beaucoup moins. »

Un autre paysage

Le désert accueille aussi des concurrentes tunisiennes et pour la première fois, deux participantes de Côte d’Ivoire. Inscrites au championnat national de course automobile de leur pays, Carole et Yarène en sont les premières femmes championnes. « D’habitude, nous jouons la vitesse. Devoir apprendre à s’orienter avec une carte et la boussole, s’adapter à un terrain différent du nôtre, aux dunes … c’est un challenge pour nous ! » La vice présidente d’Ivoire équipement et la commerciale de l’équipage 195 espèrent ainsi motiver d’autres femmes dans leur sillage. « Notre fédération comptait déjà des équipages mixtes. Aujourd’hui, deux teams sont 100 % féminines. Il faut continuer ! »

PARTAGER