C’est à Nice, sur les rives de la Méditerranée, que le Rallye Aïcha des Gazelles (RAG) débute pour les Gazelles. Mais avant de s’élancer, place à l’accueil des équipages et aux indispensables vérifications.
« J’étais dans ma voiture un matin, j’écoutais la radio et là, j’entends parler du RAG. J’ai pris ça comme une révélation. » Pour Sylvie, de l’équipage 156 , l’aventure a démarré comme ça, sur un coup de tête. Et pour partir avec elle, cette formatrice de la Grande Motte n’a pas cherché très loin : « je lui ai dit je te suis où tu veux, quand tu veux » témoigne Sylvie son amie depuis plus de vingt ans, qui avoue s’être engagée « sans même savoir ce qu’était ce rallye. »
Pour cette édition anniversaire – trente cinq ans tout de même ! – 320 Gazelles sont engagées sur la ligne de départ. Des nouvelles avec 215 primo-participantes et d’autres, plus aguerries, comme la team 173 . « Quand tu es dans le désert, tu rêves de ton canapé. Mais une fois revenue chez toi, dans ton canapé, tu rêves de quoi ? Du désert ! Voilà comment on se retrouve embarquées au Maroc pour la quatrième fois. »
Autour du poignet, le destin scellé
Dans la grande salle du Servotel de Nice, les 103 équipages au départ de France récupèrent leur pack de bienvenue avec dedans des classiques comme la casquette Maïenga, le gobelet Bosch en métal ou le porte clé. Surtout, les filles enfilent le gilet réalisé par l’entreprise Cawé, rehaussé cette année de liserés couleur or. Et passent au poignet le fameux bracelet qui scelle leur destin de Gazelles. La concrétisation de deux ans d’engagement pour Laure-Anne et Morgane, deux sœurs venues d’Île-de-France. « Pour récolter les fonds nécessaire à l’inscription, on a organisé des lotos, des concours de pétanque, des concerts… On n’avait qu’une hâte, c’est d’être là. » Une participation d’autant plus importante pour l’équipage 183 , après le cancer de Laure-Anne : « Tu ne sais jamais comment les choses vont se passer avec cette maladie. Alors il faut profiter, au maximum. Et faire des trucs un peu fous, comme cette course ! »
Sur le rallye, le parfum de la fleur d’oranger
Au Maroc, les Gazelles retrouveront dans quelques jours les 57 équipages restants, dont les véhicules sont loués sur place. Des marocaines bien sûr mais aussi des binômes venus d’Italie, de Suisse, de Côte d’Ivoire… « Vous incarnez la femme que l’on aime, pugnace et généreuse », rappelle Dominique Serra, la fondatrice du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. « N’oubliez pas ce dicton qui dit qu’au pays des oranges, tout s’arrange ».
Une senteur symbolique de ce 35ème rallye, grâce à la création originale du groupe Flair. En guise de cadeau d’anniversaire, le parfumeur offre une eau de parfum fleur d’oranger et musc aux 320 participantes. « Si vous êtes perdues, que vous stressez ou que la colère monte quand vous serez dans le désert, mettez quelques gouttes à votre poignet… et respirez », conseille Marina, la directrice générale et présidente de l’association Cœur de Gazelles.
Des voitures passées au crible
Sur le parking, les bénévoles s’affairent. Avant le départ, chaque voiture est inspectée. « On vérifie le matériel obligatoire, la présence des casques, des lunettes et de l’extincteur pour que chacune concoure en toute sécurité. Il faut aussi s’assurer que le GPS est bien désactivé pour éviter la triche », explique Alain, de l’assistance mécanique. Les organisateurs installent aussi les Iritrack, un système embarqué de localisation satellite qui permet aux organisateurs de suivre les véhicules en temps réel. Sur la Jeep 151 , César, lui, réajuste l’une antenne de la voiture, qui permet de calculer au plus près la distance parcourue par les équipages. Réalisent-elles, les Gazelles, que demain, elles embarquent à Marseille ? Qu’elles vont traverser la Méditerranée pour vivre l’aventure d’une vie ? Nathalie et sa coéquipière Émilie, de la team 154 , n’en reviennent toujours pas : « j’ai l’impression que ce n’est pas réel. On a tant attendu ce moment et maintenant c’est là … »






























